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Grande Interview avec le pasteur Bertin Ebenezer Oulaï

Bonjour Monsieur

Bertin : Bonjour

 

Pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Bertin : Mon nom c’est Bertin Ebenezer Koulai, je suis pasteur à l’église Baptiste œuvre et Missions, je suis dans la branche Lewisham qu’on appelle Londres 3 situé dans le sud de Londres.

 

Depuis combien de temps vous habitez l’Angleterre ?

B.E.K Je suis en Angleterre depuis 2005, cela fait pratiquement 12 ans que je suis en Angleterre.

Depuis quand avez-vous embrassé la carrière de pasteur où avez-vous reçu l’appel d’œuvrer pour la gloire de Dieu ? Ou du moins quand avez-vous commencé à diriger l’église ?

B.E.K J’ai commencé à diriger l’école depuis 2009, on avait qu’une seule église à cette époque. Compte tenu du bémol de situations géographiques des uns et des autres nous avions décidé de centraliser l’église. Pour le moment nous n’avons que deux églises du Baptiste Œuvres et Mission à Londres. Il y’a une branche qui est Brocheton et qu’on appelle Londres 1 et une branche qui est Lewisham : qu’on appelle Londres 3.

 

Donc vous disposez par les numérotations de 1 à 3 ?

B.E.K Oui, Mais pour ce qui concerne les veillées de fin d’année, puisque nous avons qu’un seul bâtiment, ceux de Londres 1 nous rejoignent pour la veillée du 31 décembre à Londres 3. Lorsqu’on a aussi un programme d’ensemble c’est toujours à Londres 3 parce que nous avons un bâtiment qui a une capacité pouvant contenir pas mal de personnes. Cela ne sous-entend pas que nous sommes divisés mais uniquement dans l’optique d’optimiser les efforts des uns et des autres.

L’église du nord est située dans quel quartier ?

B.E.K Elle est située à Brocheton.

 

J’aimerais savoir pourquoi les Ivoiriens ici en Angleterre créent toutes ces églises un peu partout ?

B.E.K C’est une très belle question, tout à l’heure lors de mon intronisation, j’ai dit que suis de la communauté baptiste Œuvres et Mission qui est une église à forte réputation en Côte d’Ivoire avec à sa tête le pasteur DION Robert (Alleluia). Cette question est plausible, j’étais depuis le pays dans une dénomination du nom d’œuvre et mission et donc je ne suis pas venu ici en Angleterre dans l’optique de créer une autre dénomination. C’est donc vous dire que ma souche se trouve à Abidjan, Les pasteurs qui sont affectés ici retournent en Côte d’Ivoire après 2 ans. C’est quand même déplorable, car aujourd’hui nous pouvons faire aussi cette remarque ou les églises sont caporalisées par des familles (monsieur, madame et enfants) alors que tous ceux qui n’avaient pas de dénomination antérieurement pouvaient unanimement concilier leur voix en une seule et créer une dénomination qui allait prospérer. Malheureusement fort est de constater que l’église est perçue aujourd’hui comme un business. Me concernant j’avais toute la latitude dé créer ma propre dénomination compte tenu du fait que je suis connu et que j’ai suffisamment de fidèles, mais je ne l’ai pas fait. Je suis ici à Londres mais je verse ma dîme en Côte d’Ivoire ainsi que toutes les contributions faites par les membres de l’église. Je suis rattaché à la base d’Abidjan, comprenez que ce n’est pas une église de poulailler mais plutôt une église bien structurée.

   

Donc vous êtes fonctionnaire de l’église Baptiste Œuvres et Mission à Londres ?

B.E.K Non, rectificatif, je ne suis fonctionnaire mais simplement membre. Je suis juste une représentation de l’église Baptiste Œuvres et Mission ici à Londres.

EMI : C’est donc dire que vous percevez un salaire ?

B.E.K Bien au contraire, je ne suis pas payé, les dîmes et offrandes payées dans cette église se répartissent comme suit : la dîme des dîmes qui va à Abidjan, nous assistons également les pasteurs affectés. Me concernant, je ne suis pas un pasteur titulaire, Quand nous payons les dîmes, je détache mon assistance Europe vers Paris qui compte 4 pasteurs affectés plus une missionnaire donc au total cinq personnes du coté de Paris. Mon église a pour obligaton de soutenir l’assistance Europe dans ces missions et la missionnaire du côté de Paris. Comprenez donc que je ne perçois rien comme salaire. Raison pour laquelle je justifiais que pour certains, l’église était un business. Car nous hommes de Dieu devons soutenir l’église, ce n’est pas l’église de nous soutenir. Je vous raconte une anecdote, une fois dans mes déplacements sur le Danemark, quelqu’un me disait et je cite : « Tu veux maintenant t’enrichir, parce que tu diriges une église », vous comprenez, nous devons soutenir l’église et non le contraire.

 

Comment parvenez-vous à organiser l’église et faire face aux différentes charges fixes puisque vous payez vos dîmes à Abidjan ?

B.E.K : Non, je ne disais pas que toutes les dîmes étaient versées à Abidjan, seulement la dîme des dîmes en plus les contributions générées par les différents programmes organisés. Sinon, que nous payons les loyers chaque fin du mois.

 

Quelle est la contribution de l’église mère d’Abidjan, si c’est vous  qui prenez en charge tous les frais des pasteurs affectés et missionnaires, du moins ceux de Paris que vous venez de citer ?

B.E.K : Il faut dire que l’église mère n’est pas une administration publique ou gouvernementale, elle n’a pas de budget. Elle vit tout comme nous des dîmes et offrandes. Donc lorsqu’un pasteur fait un déplacement d’Abidjan vers la France ou l’Angleterre nous avons l’obligation de leur apporter notre soutien.

OK, vous nous aviez dit que vous avez deux branches, celle de Londres 1 et de Londres 3 ? Nous avons également appris qu’il y avait des divisions au sein de ces branches, que pouvez nous en dire ?

B.E.K Non, nous ne sommes pas divisés. Juste que par stratégie nous avons préféré scinder l’église pour mieux évangéliser. Si nous sommes divisés comment pourrions-nous faire des programmes communs ou des veillées de fin d’années ensemble ?.

 

Ok, pas de soucis, c’est clair. Mais dites-nous par rapport à la décision gouvernementale relative à la fermeture des églises pour cause du Coronavirus, qu’en pensez-vous ?

B.E.K Vous devez comprendre que spirituellement et même physiquement l’église ne se résume pas au simple bâtiment, mais ce sont les hommes et les femmes mis en commun qui constituent l’église. Vous voyez, dans le passé personne n’avait idée de l’impact des TIC, des plateformes qui sont utilisées aujourd’hui pour vous faire passer le message du Christ. Donc pour ma part l’église n’est pas fermée et même mieux, la pandémie du Corona a encore renforcé la foi des chrétiens. Vous voyez, Dieu, sachant faire les choses, quand il n’y avait pas cette pandémie on trouvait tous les prétextes pour manquer les cultes, parfois par manque de temps et vous savez tout comme moi qu’ici à Londres le temps est précieux.

donc pourquoi ne pas profiter de cette petite vacance de confinement pour écouter et méditer la parole.

 

Dans cette période arriviez-vous à faire face à vos charges fixes ?

B.E.K Depuis le début de la crise on nous a dit de ne plus payer, parce qu’on n’itutilise plus les bâtiments.

 

Pourtant nous avons appris que certaines personnes militent pour le paiement des loyers ?

B.E.K : Je ne suis pas concerné par cette situation, ils ont simplement dit de ne pas payer compte tenu du fait qu’on n’utilisait plus les bâtiments.-

 

Les églises ont des comptes sur lesquels sont virées dîmes et offrandes ?

B.E.K : Cela fait environ deux dimanches que nous nous sommes retrouvés pour prier avec les caches nez, parce que faire des prières  par visioconférence nous épuisait un tout petit peu, cela ne nous permettait pas de le faire à fond donc on procédait par tour familial. Pour ce qui concerne les dîmes, on ne met aucune pression aux fidèles, chacun est libre de le faire.

 

Pour revenir à cette pluralité d’églises, vous en tant que pasteur, pourquoi ne donnez-vous pas des conseils à vos homologues qui procèdent par petits attroupements ?

 

B.E.K Vous savez, aujourd’hui le commun des mortels à ses propres préjugés de l’église baptiste Œuvres et Mission qui est taxée de rigoureuse qui a des principes stricts. D’autres y vont ironiquement pour nous traiter de trop durs nous les Baptistes, Leur église ce n’est pas ou les femmes attachent le foulard ?. L’enseignement de Dieu est très strict et les gens ont du mal à faire  avec Si vous me voyez prêcher dans la rue vous me traiterez de brigand parce que je prêche la vérité. Le péché est tellement rentré dans l’église que tout est perçu comme naturel ou normal. Sinon comment comprendre les tenues vestimentaires extravagantes de certains hommes et femmes dans certaines églises sous le regard impuissant de l’homme de Dieu. Tout simplement parce que ce dernier ne veut pas perdre cette brebis qui paient la dîme, mais au Baptiste pour parler comme les Ivoiriens « on s’en fout de ça ».

Est-ce qu’il est mentionné dans la Bible que les femmes ne doivent pas porter des amulettes ou autres décors ?

B.E.K Bien sûr que oui, cela est mentionné dans la Bible, il faut bien fouiller la Bible.

 

Mais dites-moi pasteur, sachant que parfois les femmes y vont pour se marier, est ce que le fait de leur interdire tous ces accessoires de beauté ne freine-t-il pas cela ? Car si elles ne se font pas belles comment elles attireront les hommes ? Cette manière de procéder ne vous prive pas de fidèles ?

B.E.K : On ne perd pas de membres dans l’église, nous cherchons la quantité, mais plutôt de personnes sincères qui décident de donner leur vie à Jésus.

 

Donc vous privilégiez plutôt la qualité que la quantité est-ce cela ?

B.E.K : Effectivement, nous sommes là pour sauver des vies, des âmes et non les perdre. Une seconde anecdote : « j’étais un jour en déplacement dans un village en Côte d’Ivoire, il s’est trouvé que le chantre d’un pasteur avait 12 enfants et les a tous tués sans que le pasteur ne s’aperçoive parce qu’il était préoccupé à cultiver du manioc plutôt que de convertir les villageois en prêchant l’authentique ».

Un autre témoignage, « il y a des cadres dans mon village, et le petit frère a vendu sa cour en sorcellerie, ce qui fait que les cadres ont peur de construire dans ce village parce que lorsqu’ils s’y rendent au lieu de voir un village c’est plutôt, une forêt immense qu’ils découvrent, J’étais au Danemark. J’ai donc délégué des pasteurs pour qu’ils s’y rendent pour prier. Actuellement, je vous dis qu’aujourd’hui le lieu où on ne pouvait construire j’ai construit et en plus de mes 4 grandes maisons j’y ai aussi implanté une grande église avec la foi », juste te dire que la parole de Dieu est authentique quand elle entre en toi et vice6 versa, tu n’as rien à craindre.

 

C’est clair, très bien dit. Nous allons donc passer à la deuxième étape de notre entretien. Dites-nous quelles sont vos relations avec les autres églises ici en Angleterre ?

B.E.K Il faut dire que chacun s’occupe de son église, nous honorons les invitations des autres pasteurs.

 

Puisque les pasteurs ont le même Dieu ?

B.E.K Justement, c’est l’enseignement qui diffère.

 

Avez-vous un message à faire passer à la diaspora qui ne fréquente aucune église ?

B.E.K : Oui j’en ai un, la parole de Dieu le dit « celui qui à Jésus a la vie et celui qui ne l’a pas n’a pas la vie », c’est un message de sensibilisation et d’évangélisation car la souffrance est une réalité. Pas mal de personnes qu’on croit heureuses, souvent celles qu’on voit dans de grosses maisons, grosses voitures en font partie, lorsqu’elles étalent leur vie tu es surpris. Nous sommes dans les derniers temps, il est donc temps que chacun fasse son autocritique et cherche la voie du Seigneur. Je sais d’où Jésus m’a enlevé, donc on a tous besoin de lui.

 

Nous allons creuser un tout petit peu, dites-nous d’ou Dieu vous a enlevé ?

B.E.K Jésus m’a sauvé de la souffrance, des maladies, la sorcellerie, parce que j’étais beaucoup attaqué par les sorciers, mes finances prenaient un coup, parce que je n’arrivais pas à m’organiser, je pouvais toucher mon salaire aujourd’hui et demain cela vole en éclat. Je pouvais rencontrer une femme, jouer le mec idéal sans que cela n’aboutisse. C’étaient des attaques permanentes, c’est lorsque j’ai rencontré le Seigneur que ma vie a changé, je suis à mon douzième mariage, des mariages qui ne duraient pas deux, trois ans. C’était tout un calvaire. Mais grâce à Dieu j’ai pu me réaliser, j’ai des fermes de poulets, j’ai pu construire, je suis aussi dans le transport, et tout ça c’est grâce à Dieu. Je n’ai également plus peur d’aller dans mon village quand des citadins à Abidjan n’y vont pratiquement pas. Un autre témoignage : « il y’a un homme de Dieu quand il allait dans son village il était à chaque fois escorté par des anges sans qu’il ne le sache, mais un jour voilà qu’il commet l’adultère. En se promenant dans le village, il fait la rencontre d’un vieux qui lui dit : mon fils aujourd’hui tu es seul sans tes soldats qui te suivais pratiquement partout, lui ne comprenait rien et là tout d’un coup une voix sonna dans ses oreilles ‘’adultère, adultère’’ », c’est donc sur ce Dieu que j’ai fondé ma vie.

 

C’est donc sur ces mots que nous allons mettre fin à notre entretien, mais bien avant si vous avez un message à faire passer à la diaspora ?

B.E.K : Je ne suis pas politicien, mais je souhaiterais me prononcer sur l’actualité de mon pays. Ce qui se passe actuellement en Côte d’Ivoire est purement spirituel, les inondations et tueries que nous constatons actuellement ne sont que des avertissements car pire arrivera à la Cote d’Ivoire. Je n’ai pas envie de rentrer dans les détails mais Dieu n’a pas encore frappé la Cote d’Ivoire. Je suis à un entretien et je dis ces mots. Le péché s’est abattu sur ce pays, Ce que nous voyons actuellement ne sont que des signes si les ivoiriens ne se repentent pas  le pire arrivera.

 

EMI : Ok merci bien de nous avoir reçus.

Réalisée par Aimée Letin

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