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Le 7e salon des poupées noires «sapées comme jamais» aura lieu le 07 décembre

Le 7e Salon des poupées noires aura lieu samedi. Son objectif, aider les enfants à se «réapproprier» leur culture.

Rien de plus sérieux que les jouets. Ils ont l’air innocent comme ça — c’est pour s’amuser — mais ils permettent aux plus petits de s’approprier le monde. Au salon des poupées noires, organisé samedi 07 décembre par l’association Poupées des tropiques à Pantin (Seine-Saint-Denis), on en a bien conscience. Une vingtaine d’exposants, venus des Etats-Unis, de France ou de Belgique, proposeront des figurines en porcelaine, en plastique ou en tissu, « sapées comme jamais ». Leur couleur de peau et leurs vêtements feront voyager de l’Afrique de l’Ouest à la Polynésie, en passant par les Caraïbes. Sur les réseaux sociaux, l’événement séduit déjà plusieurs milliers de personnes.

« La première fois que j’ai vu une poupée noire, c’était aux puces de Saint-Ouen. Elle était en porcelaine. Je l’ai offerte à ma sœur, Rosine. » Entourée de poupons au teint hâlé, Guilaine Mondor, 51 ans, pointe l’évidence : la plupart des petites filles jouent avec des poupées blanches. « Si vous êtes noire et que vous vous projetez sur une Barbie blonde aux yeux bleus, c’est très troublant », fait-elle remarquer. Forte de ce constat, sa sœur organise la première édition du « salon des poupées black » à Paris, il y a 10 ans, comme une « réparation ».

Depuis, le succès ne fait que grandir, à tel point que l’événement est désormais organisé tous les ans. Originaires de Guadeloupe, les deux sœurs défendent une culture et un héritage. « La société est encore très imprégnée par l’esclavage. » Et de citer l’exemple du dessin animé diffusé cet été sur YouTube « French fairy tale », dans lequel la belle Dina la princesse à la peau blanche, ensorcelée, devient noire et laide. Dénoncée, la vidéo a depuis été supprimée.

«Elles n’ont pas les mêmes mensurations celle-là!»

Dans son appartement de Saint-Denis, la bibliothèque de Guilaine est truffée d’ouvrages traitant de l’histoire des Antilles. « Les femmes de couleur ne pouvaient pas porter de chapeau ni de bijou. Elles n’avaient pas le droit d’être belles et devaient cacher leurs cheveux. » Samedi, un atelier coiffure permettra aux enfants de s’exercer sur les poupées. « Ils pourront apprendre à faire des vanilles, ces si jolies tresses à deux brins. »

Cette enseignante, réalisatrice de courts-métrages d’animation, passe en revue les différentes poupées qui seront présentées. Deux Barbies aux fesses rebondies à la main, elle s’amuse : « elles n’ont pas les mêmes mensurations celles-là ! » « Ce courant des poupées noires a commencé aux Etats-Unis, raconte Guilaine. Au début, les filles prenaient des poupées blanches et les repeignaient. »

Source : Leparisien.fr

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